L’Observatoire National de la Protection de l’Enfance vient de publier une note présentant les chiffres les plus récents sur le sujet, qu’il s’agisse du nombre de mesures de protection ou d’infanticides.

Au 31 décembre 2017, le nombre de mineurs bénéficiant d’au moins une prestation ou mesure relevant du dispositif de protection de l’enfance est estimé à 308 400 sur la France entière (hors Mayotte), ce qui représente un taux de 21 ‰ des mineur. Le graphique qui résume le nombre de mineurs et de mesures depuis 2016 est assez saisissant. Il met en exergue une hausse constante du nombre de mineurs suivis puisqu’en 2006, ils étaient 265 255.

L’augmentation est lente entre 2009 et 2011 puis elle est très nette entre 2011 et 2012. En 2017, de nouveau, on observe un pic, avec 104 239 nouveaux mineurs ayant fait l’objet d’une saisine d’un juge des enfants, soit 12,5 % de hausse, contre + 3 % en moyenne entre 2011 et 2016.
La note de l’ONPE avance une hypothèse : « cette augmentation pourrait notamment être mise en lien avec celle observée concernant les mineurs non accompagnés reconnus par décision judiciaire 4 qui augmente de 85 % (14 908 personnes déclarées MNA en 2017 contre 8 054 en 2016) ». Elément intéressant : la très forte augmentation du nombre de saisines ayant pour origine le mineur, passant de 2 330 en 2016 à 3 861 en 2017 (+ 65 %), contribuant pour une proportion importante à l’augmentation du nombre total de saisines du juge des enfants.

Ce document propose aussi des chiffres sur les infanticides dont l’évaluation reste encore délicate dans la mesure où il n’existe pas à ce jour de registre permettant de les centraliser. L’ONPE s’appuie donc « sur les données d’activité des services de police et gendarmerie, centralisées par le Service statistique ministériel de la sécurité intérieure (SSMSI) , qui dispose d’une base victimes construite à partir des données figurant dans les procédures judiciaires enregistrées par les services de police et de gendarmerie. »

En 2017, 100 mineurs sont décédés de cause non accidentelle, dont 67 dans le cadre infrafamilial. Parmi ces derniers, trois enfants sur cinq étaient âgés de moins de 5 ans au moment du décès. Quarante enfants de moins de cinq ans sont donc décédés de maltraitances en 2017.