La France n’est évidemment pas le seul pays à s’interroger régulièrement sur le sort réservé aux enfants qu’elle est censée protéger et sur les modalités de cette protection. Un ouvrage dirigé par Nathalie Chapon, sociologue, chercheure au LAMES et Silvio Premoli, chercheur à l’université catholique de Milan, passe en revue la « parentalité d’accueil » à travers l’Europe. Avec ce premier constat : de nombreux changements sont survenus récemment dans la plupart des systèmes de protection de l’enfance, confrontés aux mêmes contradictions et aux mêmes impasses, et soucieux de repenser les pratiques à l’aune des remaniements théoriques et des données probantes.

Le livre, très complet, souligne notamment que le débat sur « l’idéologie familialiste » qui met en tension les droits des parents et l’intérêt de l’enfant, est loin de ne concerner que la France. Dans tous les pays ou presque, de façon plus ou moins prononcée, les systèmes de protection buttent sur cette injonction paradoxale : les textes de loi posent la prééminence de la famille d’origine, l’obligation de tout mettre en œuvre pour favoriser le retour de l’enfant parmi les siens et dans le même temps la nécessité de prendre en compte le besoin de stabilité et de sécurité de l’enfant. Comment articuler ces deux objectifs qui peuvent vite se révéler contradictoires ?