La ville américaine de Providence a décidé de réduire le fossé langagier qui se creuse très tôt entre enfants pauvres et enfants de milieu aisé. Elle a mis au point un programme de soutien parental reposant sur des visites à domicile et un…pédomètre. Lequel ne mesure pas le nombre de mètres parcours mais le nombre de mots entendus par l’enfant dans une journée.

Trente millions : c’est le nombres de mots qu’un enfant de milieu défavorisé n’aura pas entendu à l’âge de trois ans par rapport à un enfant de famille plus aisée. Ce différentiel là, mis en exergue par une étude menée par Betty Hart et Todd Risley en 1995 et régulièrement confirmé depuis, explique en grande partie pourquoi les destinées scolaires sont très liées à l’environnement familial et aux interactions précoces. Plus un enfant est imprégné de langage depuis la naissance, plus il est sollicité par la parole, engagé dans des échanges, soumis à un vocabulaire et une syntaxe riches, plus il est en capacité d’entrer dans les apprentissages scolaires. Or la quantité et la qualité de l’expression sont liées au niveau d’éducation des parents. Ces phénomènes sont aujourd’hui très documentés et de nombreux spécialistes du développement de l’enfant se demandent comment combler ces différences.