Frédérique Brunel Denat, médecin en santé publique et médecin scolaire en Bretagne, plaide pour une détection précoce des troubles du langage et nous explique en quoi consiste le plan académique du langage mis en place par l’académie de Rennes, élaboré après le rapport Ringard de février 2000. Ce type de dispositifs lui semble essentiel dans la mesure où les situations très préoccupantes sont de plus en plus nombreuses. Entretien.

Vous êtes médecin scolaire. Quels enfants de maternelle êtes-vous amenée à rencontrer de façon systématique ?

Frédérique Brunel-Denat. Je vois les enfants à partir de la grande section de maternelle. Mon curseur est un peu dévié car ces enfants ont déjà été repérés et vont donc rarement parfaitement bien. Je travaille dans le cadre de notre plan académique du langage mis en place dès 2002. En début de grande section nous repérons les enfants en situation de fragilité en langage et en mathématiques. Ce sont les enseignants qui sont chargés de ce repérage à partir du niveau de langage oral de l’enfant, son articulation, la conscience phonologique. Il s’agit d’un repérage sur des critères pédagogiques, donc totalement familiers pour les enseignants.