Plus d’une femme sur 10 souffrirait d’un épisode dépressif sévère dans la première année suivant la naissance de son enfant. Les effets négatifs de cette détresse maternelle sur l’enfant sont de plus en plus documentés. Dans cette étude publiée dans la revue Child Development, deux chercheuses américaines rappellent qu’il existe des thérapies efficaces et que les interventions ciblant à la fois les symptômes de la dépression et l’amélioration des pratiques parentales ont de réels effets sur le développement de l’enfant. Nous vous proposons une synthèse détaillée de cet article très instructif.

Les auteures de cet article, Sherryl H.Goodman (Département de psychologie de l’Université Emory) et Judy Garber (département de psychologie et du développement humain de l’Université Vanderbilt), décrivent les liens entre la dépression maternelle et les troubles du développement du jeune enfant et passent en revue les interventions comportementales auprès des mères qui peuvent atténuer ces effets délétères sur leur progéniture. Elles précisent s’être concentrées sur la toute petite enfance pour plusieurs raisons. La prévalence de la dépression maternelle est élevée sur cette tranche d’âge. Selon les chiffres (américains) avancés par les auteurs, 13% des femmes souffrent d’un épisode dépressif majeur au cours de la première année de l’enfant et ce taux s’élèverait à 50% chez les mères en grande précarité. Autres arguments pour s’intéresser spécifiquement aux toutes premières années : les mères et les enfants passent beaucoup de temps ensemble durant cette période (surtout dans les pays où le taux d’activité des femmes est faible et les modes d’accueil peu développés), la très forte plasticité cérébrale des très jeunes enfants les rend encore plus vulnérables à la fragilité maternelle, les facteurs de stress liés à la dépression au cours du développement précoce sont associés à un risque accru de pathologies psychiques ultérieures.