Cette méta analyse consolide les données disponibles sur les bienfaits de « l’histoire du soir ». Elle montre surtout que les techniques de lecture dialogique ont un effet positif sur le développement langagier et sont accessibles à tous les parents.

Une équipe de chercheurs anglais et sud africains (Université d’Oxford, de Cardiff et de Cape Town) vient de publier dans la revue Child Development une revue de littérature* concernant les interventions précoces axées sur la « lecture partagée ». Ces programmes sont développés depuis 40 ans avec pour objectif l’amélioration des compétences cognitives et langagières des jeunes enfants. Ils reposent sur un principe élaboré par Vygotsky : l’enfant réalise des progrès parce que le parent est capable de s’adapter à son développement et de le pousser juste assez (mais pas trop). Les techniques de lecture « dialogique » formalisées par Whitehurst et al. reposent sur la qualité des interactions entre l’adulte et l’enfant pendant le temps de lecture. Il ne s’agit pas de simplement lire une histoire à un enfant mais de rebondir sur les centres d’intérêt de l’enfant et d’en profiter pour accentuer le pointage et la labellisation (mettre des mots sur les objets et situations), pour poser des questions ouvertes qui vont au-delà de l’histoire lue, féliciter et encourager l’enfant. Les auteurs du présent article rappellent que d’après plusieurs études, les mères ont davantage tendance à labelliser, à nommer les objets et concepts lors de ce moment de lecture partagé que lors de n’importe quel autre moment (jeux ou repas par exemple). (…)