La littérature scientifique est assez pauvre en matière d’expériences probantes permettant de prévenir la maltraitance. Une équipe de chercheurs américains s’est intéressée à une intervention précoce à base de visites à domicile en périnatalité et à ses effets sur les familles ayant déjà fait l’objet d’un signalement. Les résultats sont très encourageants.

C’est un sujet particulièrement épineux, aux enjeux considérables : peut-on prévenir la maltraitance avec des interventions très précoces ? Les auteurs de cet article paru dans la revue Child Abuse and Neglect, Eunju Lee, Kristen Kirkland, Claudia Miranda-Julian et Rose Greene, rappellent en introduction que les programmes reposant sur les visites à domicile (VAD) se révèlent assez efficaces concernant la santé et le développement des enfants, la santé maternelle et les pratiques parentales. Mais l’impact de ces interventions en matière de prévention de la maltraitance apparaît plus faible. La plupart de ces programmes montrent ainsi une baisse du stress parental, une amélioration du ressenti parental en général mais pas de différences notables pour le nombre de signalements pour mauvais traitements. Lorsqu’un effet direct sur la maltraitance est constaté c’est en général après la fin de l’intervention, voire des années après. Or, suivre des cohortes sur plusieurs années nécessite un investissement financier pas toujours possible. (…)