Le sexe faible n’est décidément pas celui qu’on croît. Plus concernés par les troubles du développement ou du comportement, par l’échec scolaire puis plus tard par certaines pathologies psychiatriques et comportement « a-sociaux », les garçons suscitent l’intérêt des chercheurs. La psychologie cognitive, la neurobiologie, l’endocrinologie avancent des explications à cette fragilité perceptible dès la grossesse. Nous vous proposons ici une synthèse du dernier numéro de l’Infant Mental Health Journal, entièrement consacré à ce sujet, dans lequel une dizaine d’auteurs analysent en quoi le fait d’être un garçon constitue un facteur de risque supplémentaire, en population générale, et encore plus dans les milieu défavorisés ou les minorités ethniques.

Vendredi 17 février, le ministère de l’Education Nationale adresse aux rédactions un dossier de presse de 19 pages pour détailler sa campagne intitulée « Tous mobilisés contre le décrochage scolaire ». Même si le nombre de décrocheurs, ces jeunes qui sortent du système scolaire sans aucun diplôme, a diminué (passant de 140.000 en 2010 à 80.000 en 2017), le sujet demeure préoccupant. Il l’est pour la plupart des pays de l’OCDE. De façon étonnante, le Ministère présente les dispositifs mis en place sans jamais proposer une analyse de la cible visée. On parle de « décrocheurs », de « jeunes », sans rappeler qu’à plus de 60%, il s’agit de garçons. Sans rappeler aussi que ce différentiel filles-garçons en matière d’échec scolaire est encore plus marqué dans les populations défavorisées ou issues de l’immigration.