C’est une donnée nouvelle : le fait d’avoir des parents séparés, faiblement éduqués ou au chômage augmente désormais le risque de devenir auteur ou victime de harcèlement scolaire. Ces résultats ont été obtenus à partir d’une cohorte finlandaise.

D’après des chiffres de l’OMS recueillis auprès de 40 pays, 26% des jeunes affirment avoir été impliqués dans du harcèlement (côté victimes ou auteurs). C’est ce que rappellent les auteurs de cette étude* sur le harcèlement scolaire menée à partir d’une cohorte finlandaise parue elle aussi dans la revue Child Abuse and Neglect. Le harcèlement scolaire est une cause significative de souffrance psychologique, physique et sociale et un risque majeur de troubles mentaux (dépression, anxiété, addictions). Le fait d’être un harceleur est également prédictif d’un comportement criminel à l’adolescence. Des facteurs de risque ont été identifiés. Les garçons sont plus souvent concernés (comme victimes ou auteurs). Le mode de harcèlement évolue avec l’âge (plus physique chez les plus jeunes, verbal plus tard). Le faible niveau d’éducation parentale est aussi associé dans la littérature au harcèlement, ainsi que la monoparentalité ou le chômage. Mais les études n’aboutissent pas aux mêmes conclusions concernant ce lien entre le harcèlement et le statut socio-économique (SES). Les preuves sont plus probantes pour l’association entre SES et le fait d’être victime que pour le SES et le fait d’être auteur. Le lien varie selon la façon dont le SES est mesuré. (…)