Les signaux adressés par le gouvernement, de la part du Ministre de l’Economie Bruno Le Maire d’abord, puis de la Ministre des Solidarités et de la Santé Agnès Buzyn à l’occasion du PLFSS 2018, sont de plus en plus clairs: la politique familiale et l’universalité des allocations vont de nouveau être discutées. Notamment parce qu’il semble de plus en plus difficile de concilier la priorité donnée à la lutte contre la pauvreté avec le maintien d’un système universel. Les associations familiales fourbissent les armes rhétoriques contre la disparition d’une philosophie familialiste héritée de la Libération. Les mouvements caritatifs, embarrassés, restent pour le moment en retrait d’un débat qui n’en est encore qu’à ses prémices.  Certains ont néanmoins répondu à nos sollicitations.

C’est certainement une litote : les mesures relatives à la branche famille dans le Projet de Loi de Financement de la Sécurité Sociale (PLFSS) suscitent pour le moins la désapprobation et l’agacement des associations familiales. Fin septembre l’Union Nationale des Associations Familiales s’est fendue d’un communiqué accusant la politique à venir de n’être « ni responsable ni solidaire ». L’Union des Familles laïques (UFAL) a publié de son côté un texte selon lequel « Macron parachève le funeste dessein de Hollande ». La branche française du Mouvement mondial des Mères se demande quant à elle comment il est possible de soutenir les familles tout en faisant des économies. (…)