Ce n’est qu’un décalage dans le temps, chaque enfant a son rythme, le repérage précoce est contre-productif… L’idée est encore répandue que les “petits parleurs” à 24 mois rattrapent leur retard plus tard et qu’une intervention trop rapide ne se justifie pas. Or, même quand ces enfants rejoignent la moyenne, ce qui n’est pas toujours le cas, loin s’en faut, ils continuent de présenter des difficultés, au-delà du seul registre de la communication. C’est ce que défend cette chercheuse américaine dans un article récent que nous synthétisons ici.

Dans ce texte paru dans la revue « Pediatric Clinics of North America », Nina Capone Singleton chercheuse associée dans le département des pathologies du langage et de la parole de l’Université Seton Hall (New Jersey), explique pourquoi il faut en finir avec l’approche attentiste (« wait and see ») en matière de dépistage et prise en charge des retards de langage. Elle explique que cette position qui consiste à ne pas se précipiter en cas de doute provient en général d’une méconnaissance en matière de troubles du langage et de leurs conséquences à long terme.

« Retard de langage », une notion complexe

Qu’est-ce qu’un enfant avec un retard de langage (un « late talker » en anglais, qu’on appelle parfois en France un “petit parleur” ) ? Il s’agit d’enfants présentant une cognition normale, un système sensori-moteur indemne, une absence de trouble neurologique ou génétique. (…)