De la théorie mais aussi de la pratique. C’est ainsi que l’Institut de la parentalité, organisateur du colloque franco-québécois « Innover et agir en protection de l’enfance autour de la construction du lien », a conçu son événement. La dernière partie de la deuxième journée a donc permis un focus sur des interventions concrètes. 

Pour rappel, l’ouverture du colloque a mis l’accent sur la périnatalité,  les fondements de la théorie de l’attachement ont ensuite été explicités,  puis les dispositifs législatifs français et québécois de protection de l’enfance ont été passés au crible. Ce colloque de deux jours a donné lieu à neuf propositions.

Retrouvez l’intégralité de notre compte-rendu, découpé en quarte articles (dont celui-ci, en gras ci-dessous):
Première partie du colloque: focus sur la santé mentale périnatale
Deuxième partie du colloque: la construction des liens
Troisième partie du colloque: la théorie de l’attachement depuis la fenêtre de la protection de l’enfance
Quatrième partie du colloque: Des interventions de prévention et de protection construites autour de l’attachement

Romain Dugravier, PANJO et CAPEDP, deux recherches-actions inspirées de la théorie de l’attachement

Côté français, l’Institut de la parentalité a souhaité donner la parole à Romain Dugravier (Pédopsychiatre – chef de service – Centre de Psychopathologie Périnatale Boulevard Brune – GHU Paris Psychiatrie et Neurosciences -), membre du comité d’experts sur les 1000 jours. Le pédopsychiatre présente PANJO et CAPEDP, deux recherches-actions inspirées de la théorie de l’attachement. « CAPEDP est une recherche fondatrice dans ma pratique clinique », affirme-t-il en introduction.

Un système de santé publique français enviable mais à bout de souffle

« On a un système de santé publique en France de grande qualité et très riche, avec des secteurs de psychiatrie et psychiatrie infanto juvénile et la PMI, un accès aux soins pour tous en proximité. Quand le canadien Richard Trembaly a découvert la PMI, il était fasciné. Par contre ça manque de cadre, il faudrait organiser les interventions. Nos systèmes sont abîmés mais ils sont riches et enviables ». Il poursuit sur les limites de la PMI et le rapport de Michèle Peyron. « On est dans un état d’urgence. Le nombre de visites à domicile a été divisé par 2 sur 20 ans. On n’est pas en mesure d’offrir ce qu’on souhaiterait proposer ». Une précédente étude avait montré que sur 3000 naissances dans le 18ème arrondissement parisien, 1800 familles étaient vues en visite à domicile (VAD) mais seulement une sur 10 l’était plus plus d’une fois. « L’objectif des professionnels est de faire alliance avec la famille. Or, 9 fois sur 10 on n’y retournera pas ». (…)