Depuis 2004, l’Organisation Régionale de Concertation pour l’Adoption en Normandie avait pour mission de trouver des familles aux enfants pupilles de l’Etat à besoins particuliers. Le dispositif s’arrêtera à la fin de l’année 2016 pour des raisons budgétaires. Le travail de dentelle que nécessite la recherche de candidats idoines pour ces enfants au parcours si particulier coûte cher. Mais bien moins que la prise en charge de ces enfants, des années durant, par les services de l’Etat.

L’adoption internationale a régulièrement droit aux gros titres, notamment lorsqu’il s’agit de relayer sa chute vertigineuse : 815 apparentements en 2015 contre 3162 en 2007. La communication autour de l’adoption nationale est plus discrète. Mais sa situation guère plus florissante. En 2015, sur 2435 mineurs bénéficiant de la protection du statut de pupille de l’Etat, 48% n’ont pas pu être adoptés faute de familles candidates. Parce que ces enfants étaient trop grands, porteurs d’un handicap (trisomie 21, maladie génétique, foetopathie alcoolique), en fratrie, ou trop fragilisés par les traumatismes déjà subis. Ces enfants, qui pour certains d’entre eux ont pu manquer de soins constants et de protection,  présentent souvent des difficultés d’attachements et sont en insécurité affective. Ils ont peur du rejet et de l’abandon et peuvent de ce fait le provoquer.