Bonifier le financement des crèches très investies auprès des familles vulnérables, permettre aux enfants gardés par leurs parents de fréquenter les RAM, mieux évaluer l’action des REAPP et LAEP : ce sont quelques unes des pistes évoquées par Daniel Lenoir, Directeur général -en fin de mandat- de la CNAF, et Pauline Domingo , Responsable du département enfance, jeunesse et parentalité, dans cet entretien qu’ils nous ont accordé. 

Comment a émergé la notion d’investissement social dans la politique familiale ?

Daniel Lenoir : La notion d’investissement social était absente de la convention d’objectifs et de gestion 2013-2017. On y trouvait une dimension uniquement quantitative concernant la petite enfance avec des objectifs difficilement atteignables (100.000 solutions d’accueil en EAJE, 100.000 chez les assistantes maternelles). Dès mon arrivée je me suis saisi de ce thème qui sur les méthodes, jusqu’alors, n’était qu’un sujet de discours. A la suite du premier rapport Terra Nova sur la lutte contre les inégalités dès la crèche nous avons organisé, en 2014, un colloque avec ce think tank et l’Institut Montaigne. Je suis assez fier de ce débat, un peu houleux, mais qui a montré qu’au-delà des options idéologiques il pouvait y avoir consensus. Il n’était pas si évident pour la branche famille, à l’époque, de travailler avec deux think tank, dont l’un était plutôt classé à gauche et l’autre estampillé à droite. (…)