« Enfances de classe, de l’inégalité parmi les enfants », sous la direction de Bernard Lahire, vient de paraître aux éditions du Seuil. Un livre-somme qui montre comment les conditions de vie mais aussi les pratiques parentales très socialement clivées dessinent très tôt, terriblement tôt, la destinée des enfants.

Plus de 1200 pages pour montrer «l’importance des effets des primes socialisations sur le destin des enfants ». Une telle somme était-elle nécessaire pour mettre en lumière un phénomène déjà bien étudié ? Oui, en raison du parti pris des auteurs, qui croisent portraits sociologiques et analyses théoriques autour d’une enquête menée auprès de 35 enfants de 5 à 6 ans, et de leur entourage. Loin de la sécheresse académique (mais très instructive aussi) des études scientifiques publiées dans les revues internationales, les 17 chercheurs mis à contribution, sous la houlette de Bernard Lahire, livrent, en plus de chapitres consacrés aux analyses transversales, des instantanés, des chroniques, un réel fait de chair, de petits morceaux d’humanité qui forment un tout signifiant. Des détails du quotidien et des mots (ou des silences) d’enfants et de parents qui viennent colorer, incarner, les résultats bien connus des cohortes longitudinales. (…)