Une étude de grande ampleur est actuellement menée par l’unité de recherche du Service de psychiatrie de l’enfant et de l’adolescent de l’hôpital de Genève. Intitulée Geneva Early Childhood Stress Project, co-dirigée par Daniel Schechter et Sandra Rusconi Serpa, cette étude cherche à comprendre les effets sur l’enfant d’un état de stress post traumatique chez le parent, état associé à des violences interpersonnelles répétées. Pour le dire autrement : quelles sont les répercussions des violences subies par le parent dans un passé plus ou moins lointain sur les interactions avec l’enfant et sur le développement de celui-ci ?

En introduction, quelques rappels quant aux notions implicites d’une telle recherche. Le principal concept qui sous-tend ce travail est celui de la régulation mutuelle entre la mère et l’enfant. « Chez le bébé, le chemin vers l’auto-régulation commence par la régulation mutuelle avec le parent dès la naissance, pose Sandra Rusconi Serpa. Les trois premières années de vie sont fondamentales. La régulation mutuelle est asymétrique puisque c’est l’adulte qui joue le rôle le plus crucial. Il a plus de capacités à comprendre, à moduler et à répondre à la communication émotionnelle du jeune enfant.» Qu’est-ce qui peut entraver la participation maternelle à cette régulation mutuelle ? (…)