La Société Française de Santé Publique vient de clore une série de trois séminaires sur un thème passionnant : comment soutenir la parentalité contre les inégalités sociales de santé ? Nous avons rendu compte des deux premières sessions, l’une en septembre 2016 sur la définition des concepts et des enjeux, la deuxième en janvier 2018 consacrée aux moyens d’action. La troisième et dernière journée a eu lieu le 8 novembre dernier, et traitait de la question éthique : parentalité et inégalités sociales de santé : quels termes du débat éthique ? Nous y étions.

« De quoi j’me mêle ? » Cette question rhétorique aura servi de fil rouge à la journée organisée par la Société Française de Santé Publique sur le soutien à la parentalité comme levier de réduction des inégalités sociales de santé.
« La santé ça se fabrique très tôt, rappelle Pierre Lombrail, l’ancien président de la SFSP, en ouverture de la journée. Les inégalités de santé et sociales frappent dès l’enfance. Les deux vont généralement de paire et vont interférer avec la constitution d’un être qui sera épanoui à l’âge adulte.» Ceci étant posé, il faut compter avec « des enjeux éthiques majeurs ». « Intervenir sur la parentalité c’est intervenir sur le projet d’autres que nous qui ont leur libre arbitre, qui ont des représentations, pose Pierre Lombrail. Intervenir sur l’accompagnement c’est arriver avec des normes, un projet pour l’autre. Dans quelle mesure est-ce imposer une norme dominante par rapport à d’autres tout aussi respectables ? Au nom de quoi ? De quelles preuves ? La santé publique aurait la tentation d’inciter fortement à l’adoption de bonnes réponses dont personnellement je pense qu’elles n’existent pas. Les réponses sont toujours à trouver en fonction des meilleures connaissances du moment, toujours adaptées à des situations particulières. » Il évoque ensuite les inégalités sociales et territoriales avec la « diagonale du vide ». Puis les inégalités en matière d’accompagnement à la parentalité. « « De quoi j’me mêle ? », poursuit-il. Ce sont des questions intimes. Au nom de quel principe, de quelles données sur l’efficacité ? Qui laisse-t-on sur le côté ? Comment faire pour identifier sans stigmatiser ? Qu’en pensent les familles, qu’ont-elles à nous apprendre ? » (…)