Nous avons mis en ligne ces derniers mois des comptes-rendus des colloques les plus récents dédiés à la parentalité, dont celui co-organisé par la CNAF en septembre 2017, dans la foulée du rapport réalisé sous la direction de Claude Martin. Nous proposons ici de revenir sur ce rapport qui avait servi de fil rouge à cette journée d’échanges. Il s’agit d’un document très dense, avec une bibliographie conséquente (pas franco-française) qui constitue un remarquable état des lieux de nos dispositifs, de la philosophie qui les imprègne mais aussi un témoignage précieux du positionnement des experts français sur le sujet. Contrairement à la toute récente stratégie nationale de soutien à la parentalité, le groupe de travail qui a produit ce document, s’intéresse de près à la question des inégalités. Et la position qu’il défend plus ou moins explicitement apparaît en décalage avec les discours politiques officiels. A quelques jours de l’annonce de la Stratégie Pauvreté, il est intéressant de connaître ces dissensus.

Nous ne pouvons que conseiller à tous les acteurs du soutien à la parentalité de lire ce rapport instructif et de s’interroger sur la façon dont ils le perçoivent et le reçoivent. Car à sa lecture, les controverses et lignes de fracture concernant les liens entre l’accompagnement parental, la prévention précoce, les politiques sociales, apparaissent très clairement. Nous avons sélectionné quelques extraits, qui ne sauraient résumer à eux seuls la teneur du rapport mais en restituent la tonalité dominante, à savoir : mettre en exergue l’impact des pratiques parentales sur le développement de l’enfant est une façon de culpabiliser les parents et d’exonérer la société de ses responsabilités, chercher à renforcer la capacité d’agir des individus et leur autonomie relèverait d’une conception néo-libérale, lutter précocement contre la reproduction des inégalités en soutenant les parents revient à rendre les pauvres responsables de leur situation.