La deuxième journée scientifique consacrée à la cohorte Elfe a permis d’aborder un sujet sensible en périnatalité : la dépression postanatale, de la mère et du père. Il apparaît que l’entretien prénatal précoce et la préparation à la naissance ne constituent pas des facteurs de prévention probants.

Lors d’une deuxième session consacrée notamment aux parents, Anne-Laure Sutter-Dallay, psychiatre en périnatalité et chercheuse à l’Université de Bordeaux et Aurélie Nakamura de l’Inserm présentent une étude sur la dépression postnatale (DP) au sein des couples. Le sujet suscite un intérêt croissant eu égard à sa forte prévalence et aux preuves de plus en plus fortes de ses effets à long terme. Dans la littérature la DP concernerait entre 8 et 25% des mères et entre 5 et 10% des pères et pour la moitié des cas ces premiers épisodes seraient annonciateurs d’une pathologie mentale. Jusqu’à présent le questionnement portait surtout sur l’exposition anténatale des antidépresseurs. Or la pathologie elle-même peut avoir un impact sur le développement de l’enfant ( capacités de maternage altérées, environnement partagé avec un parent malade, dimension génétique). Les facteurs de risque sont assez bien connus chez la mère, moins chez le père. (…)